La solitude est ma lumière !

J’ai toujours eu peur de la solitude.
A vingt ans, je rêvais de mon indépendance… Mais cela relevait de l’utopie, puisque je ne faisais aucun effort pour concrétiser mon rêve, tellement j’étais tétanisée à l’idée de me retrouver seule, face à l’inconnu ! Peur des agressions, du viol, du vol… Mais surtout peur du silence, du calme !
Je me souviens que je me faisais gronder parce que je laissais la télévision allumée toute la nuit… Pour ne pas affronter le silence des ténèbres si je me réveille avant l’aube… J’ai tenté à plusieurs reprises de me mettre en couple avec des personnes dont je n’étais pas réellement convaincues… C’était mon « compromis » pour avoir mon indépendance tout en garantissant une présence à mes côtés. En vain. Tant mieux, parce que j’allais apprendre au fil des années que ça allait être catastrophique pour mon développement personnel si ça s’était concrétisé, car sans bases solides !
C’est le prix que paye toute personne qui grandit dans une famille nombreuse que d’exécrer le silence ! Elle ne sait apprécier la vie sans mouvements, sons sonores, échanges bruyants… Elle n’existe que dans la mêlée, pas individuellement…
Bien plus tard -mieux vaut tard que jamais- je me suis fais force et me suis obligée à me prendre en main, aller vers l’inconnu, braver toutes les limites et commencer à prendre des risques, surtout le risque d’affronter le silence… Débuta alors une grande bataille où mes nerfs étaient mis à rude épreuve : j’étais incapable de dormir… Et quand je me laissais aller à un sommeil réparateur par trop de fatigue, la lumière artificielle de mon néon veillait à ma « sécurité »… J’étais exténuée, physiquement et psychologiquement, mais je tenais le coup à force de lecture, de méditation et de prières…
Jusqu’au jour où une personne très spéciale, elle-même solitaire, m’a conseillée d’apprendre à apprécier ma solitude !
Mais comment peut-on apprécier d’être seule? Est-ce possible? La vie n’est-elle pas faite de partages et de présences?
Petit-à-petit, j’ai commencé à me parler, à me demander les raisons de cette angoisse profonde qui m’empêchait de respirer dès que je me retrouvais en ma propre et unique présence… J’ai finalement constaté que mon problème majeur était mon incapacité à apprécier ma propre compagnie… Par timidité, par manque de confiance… Par manque d’amour de moi-même surtout !
Commença alors une délicieuse thérapie d’auto-acceptation et de réconciliation avec moi-même. Un travail patient et régulier, qui m’a appris à me connaître, à m’apprécier, à me détendre, à accepter mes faiblesses, à me laisser aller à mes envies, à me détacher des boulets de la famille et de la société, à tenir bon quand ça en valait la peine et à lâcher prise quand c’est sans espoir, à surtout faire la différence entre les deux !
J’ai apprivoisé mes peurs !
Je n’ai plus peur de la solitude désormais. Je suis mon meilleur compagnon et le silence est devenu mon arme contre la déconcentration et la dispersion.
La solitude m’a permis de me connaître vraiment et le silence m’a permis de connaître la sérénité, de me libérer.

-Ilham Nouara

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